Budapest : une « Hetero Pride » pour laisser la Gay Pride en paix ?

La 15ème édition de la Budapest Pride, festival gay, lesbien, bisexuel et transsexuel, organisé par la Fondation Rainbow, a débuté ce samedi par une soirée d’ouverture au Café gay Capella ( sur Belgrad rakpart) et prendra fin le 11 juillet prochain.

Le point d’orgue du festival aura lieu samedi 10 juillet, avec la tenue du défilé annuel de la Gay Pride sur Andrassy út,  entre la place des Héros et Erzsébet tér. Un événement qui, comme lors des dernières éditions, rassemblera sans doute encore plus de contre-manifestants homophobes que de sympathisants. Manifestation officielle, et peut-être avec un effet pacificateur quant au problème de mœurs que cause la mode de la Gay Pride en Hongrie, une « Hetero Pride » est d’ores et déjà autorisée le 4 septembre prochain, sur le même tracé.

La Budapest Pride, festive et culturelle

Les festivals gays sont souvent réputés pour leur ambiance joviale et la Budapest Pride 2010 ne devrait pas déroger à cette règle. En marge du défilé de la Gay Pride qui devrait accueillir environ 2000 personnes, auront lieu, cette semaine, plusieurs soirées « arc-en-ciel » au cours desquelles embrasser un partenaire du même sexe sera la norme. La plus importante de ces soirées, la « Rainbow Party » se produira à l’issue de la parade de samedi, au Mappa Club (ancien Trafó) à partir de 22 heures.

La culture est également partie prenante du festival. À travers la Budapest Pride, la Fondation Rainbow entend supporter et populariser les activités culturelles inhérentes aux communautés dont elle défend les droits. Tout au long de la semaine, le cinéma indépendant Művész, sur le Nagykörút, retransmettra des films prônant la liberté et l’égalité pour toutes les orientations sexuelles. Des ateliers de discussions, ouvertes à tous, se tiendront conjointement à la Maison Balint et à l’ambassade Britannique sur des thèmes divers et variés en lien avec l’homosexualité.

La Budapest Pride prendra fin sur une note émotive. Le 11 juillet, à 13 heures, les activistes gays iront se recueillir sur la tombe de Károly Kertbeny au cimetière de Kerepesi út, dans le 8ème arrondissement. L’écrivain hongrois est reconnu pour avoir inventé et démocratisé le terme « homosexuel » au XIXème siècle.

Une Gay Pride sous haute surveillance

Face au risque de débordements venus de contre-manifestations homophobes, désireuses de gâcher la fête comme ce fut gravement le cas en 2008, la parade de samedi, censée marquer l’apogée du festival, devrait se dérouler à l’abri des regards, sous haute protection policière. En 2009, du fait du grand dispositif de sécurité déployés par la police de Budapest, le défilé « arc-en-ciel » n’avait, au plus grand désarroi de la Fondation Rainbow,  pas réussi à faire mentir l’adage affirmant que « pour vivre heureux, il faut vivre caché ». Alors que le but d’une telle marche est de rendre visible la culture gay et de contribuer à augmenter le respect de la population hongroise à son encontre, la « marche des fiertés » de cette année devrait une nouvelle fois tourner à la fête privée, difficilement accessible, et invisible aux yeux des Budapestois.

L’Hetero Pride, la revanche des homophobes aux confins du ridicule

Samedi prochain, les habituels contre-manifestants homophobes auront au moins autant de difficultés que les années précédentes pour « apprécier »  la Gay Pride de près. Ils vont donc devoir se tenir à bonne distance du cortège, mais ils seront, à n’en pas douter, les plus nombreux sur Andrássy út et ses alentours.

Depuis quelques années, ils sont résolus, à l’instar de l’inter-nationaliste Magyar Sziget qui s’est tenu l’an dernier une semaine avant le plus grand festival d’Europe, de prendre leur revanche et d’exprimer leur opinion de façon plus officielle. Ainsi, le 4 septembre prochain, se tiendra la première « Hetero Pride » de Budapest, qui, selon les vœux de ses initiateurs, empruntera, le même chemin que celui de la parade Gay ce week-end. Plus que de revendiquer la fierté d’être hétérosexuel, le but de la manifestation sera de « protester contre la pratique ouverte et la promotion de l’homosexualité en Hongrie » a révélé Csaba Koletár, l’organisateur de l’événement, au journal de droite Magyar Nemzet.

Après avoir essuyé un refus en 2009, Csaba Koletár a, cette année, reçu l’aval de la police de Budapest pour organiser cette grande marche homophobe. Le Vice-président de la commission des Droits de l’Homme du parlement hongrois, Gergely Gulyás, affilié au Fidesz, s’est empressé de commenter positivement la décision de la police de Budapest en affirmant la légalité de la tenue d’un tel rassemblement en vertu des traités européens et du principe de la liberté d’expression.

Consulter le programme du festival de la Budapest pride

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2 Commentaires
  1. Homophobie? le 11 juillet? En haute saison touristique!
    Voilà qui va encore être négatif pour le tourisme. Et les Hongrois viendront encore se plaindre qu’ils n’ont pas assez d’argent…les mêmes, aussi, sans doute.
    C’est à vous dégoutter de compâtir !

  2. Je ne vois pas en quoi la fierté d’être hétérosexuel peut être ridicule… Votre article a de véritables relents de discrimination !

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