Budapest construira bien les infrastructures prévues pour les JO 2024

Une mobilisation pour rien ? Selon l’hebdomadaire HVG, les investissements promis par l’État et la municipalité de Budapest en vue des Jeux olympiques 2024 seront réalisés malgré le retrait de la candidature hongroise.

Budapest promettait pour 2024 des Jeux olympiques modestes, en raison de l’utilisation d’infrastructures déjà existantes ou qui seraient construites pour répondre à des besoins réputés réels des habitants. Selon le magazine HVG, une bonne partie des projets d’équipements sportifs et de transports urbains figuraient effectivement déjà dans plusieurs documents de planification. Ce qui signifie qu’ils seront mis en chantier tôt ou tard, en dépit du retrait de la candidature hongroise.




Du côté des équipements sportifs, le document de référence reste le Schéma de développement Ferenc Kemény, objet d’un décret gouvernemental en 2016. Censé « augmenter le niveau des infrastructures sportives » de la capitale, ce document de planification prévoit la construction de nombreux stades, gymnases, etc., d’ici 2022. Au-delà – ou plutôt en-deçà – des olympiades, la stratégie assumée de Budapest est de se spécialiser en métropole sportive pour accueillir de nombreuses compétitions internationales, à l’instar cette année des championnats du monde natation ou en 2020 de quelques matchs du championnat d’Europe de football. Les développements en transports urbains devraient suivre selon HVG, qui cite de nouveau un décret gouvernemental de janvier 2017, ainsi que le Schéma de développement urbain conçu à l’horizon 2030.

Budapest devrait se voir dotée d’ici quatre à cinq ans d’une piste d’Xtrem VTT, d’un centre nautique sur le Danube, d’un stade d’athlétisme à la confluence du Danube et du « bras de Ráckeve » (au niveau du pont Rákóczi), d’un palais des sports, d’un nouveau court de tennis, d’un nouveau vélodrome, d’un hippodrome, d’un stand de tir et d’une patinoire. A cela s’ajoutent les reconstructions du stade Ferenc Puskás et de la piscine de Dagály, ainsi que le développement du Népliget comme lieu d’entraînement sportif. En matière de transports urbains, la ville devrait anticiper les flux de visiteurs par le renouvellement de nombreux matériels roulants (tramways, métro, bus), la reconstruction du métro 3 et le développement d’infrastructures autoroutières aux abords de Budapest.

La confirmation de ces grands projets pose néanmoins question, alors que la mobilisation en faveur d’un référendum sur les Jeux olympiques s’appuyait en grande partie sur un argument économique. Le mouvement Momentum – mais aussi les autres partis d’opposition ayant participé à la récolte des signatures – estimaient notamment que la Hongrie ne pouvait pas se permettre des investissements somptuaires alors que certains services publics sont dysfonctionnels, la santé en particulier.

En Hongrie, des Jeux Olympiques pour faire oublier les vrais problèmes ?

Ludovic Lepeltier-Kutasi

Doctorant

Directeur de la publication de Hulala. Doctorant en géographie (Université François-Rabelais, UMR CITERES/associé au Centre de recherches en sciences sociales (CEFRES) de Prague).