Bratislava dit « NON au fascisme, à l’intolérance et à la xénophobie »

L’info date de plusieurs jours mais mérite l’attention. Un millier de personnes sont descendues dans la rue le samedi 11 mars dans une marche contre l’extrémisme et le fascisme dans le centre historique de Bratislava. Quelques jours en amont de l’anniversaire de la création de la République Slovaque le 14 mars 1939, alliée à l’Allemagne nazie, cette manifestation était une réponse aux rassemblements d’extrémistes qui ont pour habitude de venir commémorer cette période par un recueillement sur la tombe de Jozef Tiso.

Bratislava, correspondance – Parmi les manifestants, un certain nombre d’hommes politiques ont répondu à cette initiative de l’association Bratislava bez nackov (Bratislava sans fascistes), dont le maire de Bratislava Ivo Nesrovnal et le gouverneur de région Pavol Freso. Les manifestants se sont rendus notamment sur la place proche du Danube Rybné námestie où se trouve un mémorial de l’Holocauste, en lieu et place de l’ancienne synagogue détruite par les communistes pour la construction du pont principal de la ville SNP.

Dans un discours énoncé sur la place centrale, Ivo Nesrovnal a rappelé la tradition de tolérance qui a marqué l’histoire de la capitale slovaque, mais qu’il n’est désormais plus suffisant « d’être une majorité silencieuse qui refuse l’extrémisme et le fascisme. Il est nécessaire aujourd’hui de le dire à haute voix et de prendre position clairement ». Pavol Freso a tenu le même type de discours en affirmant la nécessité de la réunion de tous les démocrates, de gauche ou de droite, sur la question de la lutte contre l’extrémisme. De là, la nécessité de se réunir et de « devenir suffisamment nombreux pour battre les fascismes sous toutes ses formes. ».

« NON aux expressions du fascisme, de l’intolérance et de la xénophobie »

Le maire Ivo Nesrovnal a aussi adressé un message sur sa page facebook, à la suite de ce rassemblement : « Bratislava est une ville dans laquelle des personnes aux opinions religieuses, aux nationalités et aux opinions politiques différentes ont coexisté pendant des siècles. Avec cette participation à la mobilisation antifasciste, tous ensemble nous disons : NON aux expressions du fascisme, de l’intolérance et de la xénophobie. Merci à tous les citoyens de Bratislava y ayant participé. ».

Ce rassemblement a été suivi lundi 13 mars par un Forum d’Europe Centrale sur le fascisme, qui s’est tenu aux abords du Vieux Marché de Bratislava, où plusieurs intervenants se sont succédé pour débattre de l’extrémisme. Cette initiative a lieu alors que depuis le 1er janvier, la Slovaquie a adopté de nouvelles mesures législatives pour condamner plus fermement les propos et les actes de haine et  racistes, dans le but de lutter plus fermement contre une expression toujours plus banalisée dans certaines parties du pays. Ces modifications législatives vont notamment s’appliquer à une jeune femme de Ruzomberok, qui s’était filmée en train de brûler un Coran et d’inciter à la haine contre les Roms et les étrangers, et à un individu de Banska Bystrica qui avait frappé sans raison apparente un résident français pour le seul fait de sa couleur de peau.

En Slovaquie, une unité spéciale pour lutter contre l’extrémisme

Photo : page facebook de Bratislava bez náckov.