András Schiffer quitte l’arène politique

L’un des co-fondateurs du petit parti écologiste LMP, András Schiffer, a annoncé hier soir son intention d’arrêter la politique active. À la tête d’une formation devenue moribonde depuis la scission de 2014 ayant abouti à la création de l’organisation concurrente PM, ce juriste de métier explique sa décision par le souhait de se consacrer au renouvellement intellectuel et idéologique de l’écologie politique en Hongrie.

(c) Nyugat.hu
(c) Nyugat.hu

L’annonce par András Schiffer de son retrait de la scène politique a fait l’effet d’une petite bombe. Visage connu des Hongrois, il est le co-fondateur du parti écologiste LMP, créé en 2009, à la fois sur les décombres de l’ancien mouvement social-libéral SzDSz («Alliance des démocrates libres») et sur une aspiration à un renouvellement idéologique de la gauche non-socialiste. Membre du Parti vert européen, le LMP a construit entre temps son positionnement politique sur des thèmes chers aux écologistes (diversification de l’économie, agriculture paysanne, nouvelles formes démocratiques) et sur une critique radicale de la mondialisation néolibérale.

La dissidence d’une importante fraction du LMP se fait quelques mois en amont des élections législatives de 2014, essentiellement à cause d’une divergence stratégique quant à l’opportunité de former une alliance de tous les opposants progressistes à Viktor Orbán. Partisan d’une ligne « libérale-conservatrice », c’est-à-dire ouverte aux progrès sociétaux mais économiquement protectionniste, il refuse alors de faire front commun avec le MSzP (parti socialiste) et DK (« coalition démocratique »), qu’il estime responsables en grande partie de la crise de confiance des citoyens envers leurs représentants.

Alors que peu donnaient cher de leur peau, le LMP parvient néanmoins à sauver son groupe parlementaire avec cinq députés, soit le seuil minimum requis par la loi pour entrer à l’assemblée hongroise. Député actif pendant la précédente législature, son second mandat démarré en 2014 se caractérise par un désinvestissement de plus en plus visible du débat parlementaire. Son retrait de la vie politique active, s’il a surpris, est a posteriori cohérent avec cette évolution.

A nos confrères d’Index, András Schiffer explique sa décision en évoquant une forme d’épuisement et le besoin de déléguer : « Depuis mai 2014, ce qui me faisait bouger, c’était, premièrement, ma responsabilité à l’égard du parti et de son électorat dans mon expression médiatique et parlementaire ; c’était, deuxièmement – à cause de l’histoire du mouvement -, une responsabilité lourde dans la construction de notre organisation – ; c’était, troisièmement, une responsabilité dans la construction d’un espace intellectuel qui a toujours fait défaut, autour des orientations écologistes et altermondialistes du LMP ». Voulant passer la main à de nouveaux responsables politiques, Schiffer estime qu’il sera désormais plus utile à la tête de ce travail de renouvellement idéologique. Il quittera demain ses fonctions de porte-parole du LMP (qu’il partageait avec Bernadett Szél) et devrait démissionner de son mandat de député cet été.