«Hongrois, il est temps de reprendre le pouvoir»

Le groupe de hackers « Anonymous » a diffusé vendredi 13 janvier une vidéo d’un style pour le moins théâtral appelant le peuple hongrois à résister contre le régime de Viktor Orbán. La communauté virtuelle qui s’est rendue célèbre en lançant différentes attaques virtuelles pour défendre la liberté d’expression a donc décidé de s’attaquer au gouvernement hongrois.

Le texte diffusé commence ainsi : « Votre gouvernement vous a trahi de façon tragique ! Maintenant il est temps de protéger votre pays, votre avenir et l’avenir et celui de vos enfants. Le pays vous appartient à vous, citoyens et non pas aux politiciens, aux banquiers et aux multinationales. Il est temps de reprendre le pouvoir ! Ce n’est pas au peuple d’avoir peur du gouvernement, mais au gouvernement d’avoir peur de peuple ! » Et plus loin « Il est temps de se lever et de combattre ».

Anonymous avait déjà publié un message concernant la Hongrie sur son compte twitter fin 2011 : « Klubrádió fermé. Orbán et la Fidesz assassinent la démocratie avec leurs lois. Lèves-toi, Anonymous, il est temps d’en finir. » Ce message était resté sans suites, mais les spécialistes de la cyber-sécurité sont en alerte. Jusqu’à maintenant le collectif Anonymous ne semble pas vouloir s’attaquer au web hongrois, mais on sait ce que peut représenter une cyber-attaque de ce type sur le plan économique.

Prenant la chose au sérieux, Péter Szijjártó, le porte parole du Premier Ministre, a réagit via-MTI à cette vidéo en déclarant qu’en Hongrie chacun pouvait exprimer librement son opinion et  manifester, sans recourir à l’anonymat. Il a ajouté que “si malgré cela quelqu’un préfère tout de même l’anonymat, c’est qu’il ne peut avoir que de mauvaises intentions et qu’il a des choses à cacher.”

Les Hackers d’Anonymous se plaisent visiblement dans leurs rôles de justiciers, mais ils ont apparemment des connaissances superficielles de la Hongrie : certes la situation est grave et le gouvernement hongrois est critiquable sur bien des points mais, heureusement, nous n’en sommes pas encore au point où il faille appeler la population à prendre les armes, à la résistance et au combat. Nous ne sommes tout de même pas en Syrie ! En tout cas, le gouvernement semble prendre la menace sérieusement et est prêt à faire face à une attaque virtuelle.

Vincent Baumgartner

Étudiant

Collaborateur occasionnel de Hulala. Étudie à l'Institut de hautes études internationales et du développement (Genève)